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Notre Evêque

??????????    « Si un noir peut devenir prêtre… »

Monseigneur Eugène Cyrille HOUNDEKON, Evêque du diocèse d’Abomey,nous parle de sa vie à quelques jours de son sacre. C’était le 03 Février 2008

Excellence Monseigneur Eugène Cyrille HOUNDEKON, pouvez-vous nous parler de votre milieu de naissance et de votre famille ?

J’ai vu le jour le 28 janvier 1960, à Kandi, l’actuel département de l’Alibori. Je suis le troisième d’une famille de huit enfants (2 filles et 6 garçons dont un est décédé). Mon père, Christophe Dossou HOUNDEKON, et ma mère, Joséphine Mègnonmi MIGAN, tous originaires de Porto-Novo, avaient élu domicile au quartier Banigourou de Kandi, en raison de meilleures opportunités de travail et de commerce. Mon enfance à Kandi fut malheureusement de très courte durée. En effet, je suis né six mois avant l’indépendance politique du Dahomey d’alors et les rivalités entre régions et partis politiques étaient dures, et même parfois violentes.

Mes parents ont dû quitter précipitamment Kandi, en raison des menaces qui pesaient sur eux, pour avoir caché et protégé un fugitif politique poursuivi à mort.

Ainsi donc, en quittant Kandi, quelques mois après ma naissance, mes parents se sont établis à Cotonou, au quartier Akpakpa, dans la juridiction de la paroisse Sacré-Cœur. C’est là que j’ai reçu toute mon éducation de base : en famille, à l’école primaire régionale dite aussi école laïque et à la paroisse Sacré-Cœur pour l’instruction religieuse et les sacrements d’initiation chrétienne. Mes parents sont rappelés à Dieu : ma mère est décédée en 1990, et mon père en 2005.

Excellence, comment avez-vous eu votre vocation d’être prêtre ?

Ma vocation au sacerdoce me fut communiquée suite à une conversation d’enfant à enfant. C’était à 9 ans, en 1969, à la sortie des classes de 17 h 30 mn. Je me trouvais sur la route du catéchisme avec mes camarades. Chemin faisant, l’un de nous, Achille CAMPBELL, déclara qu’il voudrait devenir prêtre. Je m’étonnai et lui demandai aussitôt si un noir pouvait devenir prêtre. Car, jusque-là je n’avais rencontré en paroisse que des prêtres missionnaires blancs originaires de France. Il me répondit que oui et confirma qu’il en avait même rencontré lors d’une excursion de fin de semaine avec ses parents.

Depuis lors, l’idée qu’un noir pouvait devenir prêtre me revenait sans cesse à l’esprit, jusqu’au moment où je me suis senti interpellé intérieurement : Si un noir peut devenir prêtre, tu peux devenir prêtre.

Quelque temps après, au cours d’une marche vers le catéchisme, je demandai au même ami d’enfance : comment devient-on prêtre ? Il me répondit qu’il faut d’abord être enfant de chœur, puis en parler au Père responsable des enfants de chœur, Père André CASSARD, SMA.

Le jeudi suivant, à 15 h 00 mn, j’ai intégré le groupe des enfants de chœur. Au bout de quelques semaines, j’ai confié mon intention de devenir prêtre au Père André CASSARD qui, à son tour, m’a envoyé en parler au Curé, Père Michel DUJARIER.

Vu le nombre grandissant des futurs séminaristes, le Curé a décidé de convoquer une réunion hebdomadaire à leur intention, juste après celle des enfants de chœur. Deux ans durant, j’ai participé à ces rencontres fort instructives, initiées avec le récit de la conversion de St Paul, marquées par deux séjours de retraite au monastère des bénédictines de Toffo, et stimulées par une visite à Ouidah tant au Petit Séminaire Ste Jeanne d’Arc qu’au Grand Séminaire St Gall de Ouidah.

Par la grâce de Dieu, je fus compté parmi les rachetés dans le cadre du test d’entrée au pré-séminaire Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus, à Lokossa. Ainsi donc, le 2 octobre, je fus conduit au pré-séminaire de Lokossa avec Claude HOUNYEME, par le second vicaire, Révérend Père François Tricoche.

Quel fut votre cheminement à la suite du Christ depuis votre entrée au séminaire (cursus scolaire et universitaire, puis ministères exercés) jusqu’à présent où vous êtes nommé évêque ?

Le pré-séminaire, comprenant la classe de CM2 et prévu pour une année (1972-1973), a été conclu par le CEPE. Pour cette formation initiale, je garde un souvenir reconnaissant et permanent de la sœur dominicaine Maria Goretti Attagniant qui m’a moulé et tant stimulé, ainsi que du grand éducateur des enfants, Révérend Père Jacques MENSAH, de regrettée mémoire. Dès lors, j’ai été admis au petit-séminaire Ste Jeanne d’Arc de Ouidah, de 1973 à 1975, pour la 6ème et la 5ème. Suite à la fermeture du petit-séminaire de Ouidah pour l’ouverture de celui d’Adjatokpa, j’ai poursuivi la formation au petit-séminaire St Paul de Djimè, de 1975 à 1977, pour la 4ème et la 3ème sans le BEPC. Ma moyenne générale a permis mon entrée au séminaire Notre Dame de Fatima à Parakou, de 1978 à 1980, pour les classes de seconde, première et terminale. A cette étape, je fus admis au BEPC en seconde, puis au BAC en terminale.

L’étape décisive de la formation au presbytérat a été marquée par l’entrée au Grand séminaire St Gall de Ouidah, le 11 février 1980, sous le rectorat du Père Etienne SOGLO. Le temps de formation dans les cycles de philosophie et de théologie s’est écoulé de 1980 à 1986, selon les étapes suivantes :

•1983 : rite d’admission et prise de soutane à la paroisse Sacré-Cœur de Cotonou

•1984 : lectorat au Grand séminaire St Gall de Ouidah

•1985 : acolytat au Grand séminaire St Gall de Ouidah

•2 février 1986 : diaconat au Grand séminaire St Gall de Ouidah

•5 Juillet 1986 : ordination presbytérale à la paroisse Sacré-Cœur de Cotonou.

Après l’ordination au sacerdoce ministériel, S. Exc. Mgr Christophe ADIMOU, alors Archevêque de Cotonou, m’a chargé d’assurer l’intérim à la paroisse Sacré-Cœur de Cotonou, pour quarante cinq jours, le curé étant malade et le vicaire en congé. Le reste de mon parcours est le suivant :

  • de 1986-1988 : vicaire à la paroisse Ste Jeanne d’Arc, à Allada.
  • 1988-1989 : Formation en France (Paris, Vanves, Marseille). Chez les Pères de la Compagnie de Saint Sulpice, en pédagogie et direction spirituelle, en vue du ministère des séminaires.
  • 1989-1995 : Etudes à Rome, en droit civil et en droit canonique à l’Université Pontificale du Latran. Les grades académiques furent successivement : licence en droit canonique, en 1991 ; licence en droit civil, en 1992 ; doctorat en droit canonique et en droit civil ( Utriusque iuris), en 1994, sur le thème : Principe d’ingérence humanitaire en droit international.
  • Charges diverses stables depuis 1995 :

– Secrétaire Général de la Conférence Episcopale du Bénin (CEB)

– Official ou Président du Tribunal Ecclésiastique de Cotonou

– Aumônier diocésain de l’Union du Renouveau des Marguilliers de l’Archidiocèse de Cotonou (URMAC)

  • Charges d’enseignement depuis 1995 :

– 1995-2005 : Responsable de la charge d’âmes à la paroisse St Jean, quartier Gbèna, Ouidah.

– 2005-2007 : Responsable de la charge d’âmes à la quasi-paroisse Ste Marie Mère du Sauveur, quartier Midédji, Cotonou

Excellence, quelles sont les grandes priorités de votre pastorale à la tête du Diocèse d’Abomey, en matière de la famille, de la jeunesse chrétienne et de la mission d’évangélisation ?

De fait, j’envisage une et une seule grande priorité qui englobe tout le reste : la restitution, la réappropriation et la mise en œuvre du Plan d’Action pastorale de la Conférence Episcopale du Bénin (CEB), en solidarité pastorale avec également la Conférence Episcopale Régionale de l’Afrique Occidentale (CERAO).

Certes, au sein de cette vision d’ensemble de la pastorale, j’accorderai à la famille une attention spéciale. Je favoriserai aussi bien les échanges que la formation, en lien avec l’Institut Pontifical Jean-Paul pour les Etudes sur le Mariage et la Famille, ainsi que le Forum Catholique des Associations et Mouvements de Défense de la vie et de la Promotion Familiale (F.D.V.F.).

De même, je mettrai un accent particulier sur la pastorale de la jeunesse chrétienne, en suscitant des rassemblements bien préparés comme pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, et en développant ou en impliquant des structures de formation vivantes comme l’Ecole de foi, l’Ecole de la prière, le groupe de prière Feu nouveau, et d’autres options novatrices.

En ce qui concerne la mission d’évangélisation, j’apprécierai et stimulerai le noble travail endurant et exaltant du secteur de la catéchèse et de tous les agents pastoraux.

J’encouragerai les réflexions en vue de surmonter la routine et de faire découvrir ensemble le langage adapté de nos jours sans édulcorer la substance du message du salut. Dans ce cadre, je recourrai à une action soutenue de la généralisation de l’alphabétisation.

Propos recueillis par la rédaction

Ses Armoiries

 Monseigneur Eugène Cyrille HOUNDEKON, Evêque du diocèse d’Abomey, nous donne le sens de ses armoiries et de sa devise.  » Mes armoiries sont résumés par la devise en latin : Operemur Bonum Ad Omnes, ce qui est tiré de la Lettre de St Paul Apôtre aux Galates (Gal 6,10 ) et qui se traduit par …

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